INTRODUCTION

Comme tout autre être vivant, la vigne est exposée à de multiples infections opportunistes aux conséquences plus ou moins graves. 

Elles peuvent être provoquées par des parasites, des virus, des champignons ou même par des animaux.

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LE PHYLLOXÉRA

(Dactylosphaera Vitifolii)

Pou térébrant de la famille des aphididès, Le Phylloxéra s’attaque aux racines de la vigne qu’il détruit entraînant la mort des souches. Ce puceron injecte dans les racines une salive toxique qui provoque l'apparition de tubérosités ou de nodosités phylloxériques, la nécrose, le dépérissement et la mort rapide des souches interviennent. Ce fameux puceron fut introduit accidentellement en France lors d’essais de nouveaux plants. Inconnu en France jusqu’en 1868, cet insecte est responsable d’épouvantable dégât sur l’ensemble du vignoble européen. Les rares vignobles plantés dans le sable furent épargnés sans doute parce que l’insecte dans le sable ne pouvait pas creuser de galeries pour passer d’un cep à l’autre. En quelques années, la production de vin français s’effondre entraînant une grave crise économique. Ce bouleversement durera 15 ans et symbolisera l’une des pires catastrophes de l’histoire agricole. Dans une certaine mesure, la crise phylloxérique eu un autre impact, la pénurie de vins, encourageant les fraudes,entraînant du fait la mévente des produits de la vigne. Afin d’endigué ce fléau, la mesure préventive consiste à greffer des variétés vitis-vinifera sur des souches d’origine américaine (Vitis-rupestris ou Vitis-riparia) résistant mieux à ce parasite. Les greffes ainsi réalisées n’affectent en rien la qualité des raisins produits mais diminuent en revanche la longévité de la vigne. Les vignes pré-phylloxériques vivaient plus longtemps qu’aujourd’hui. 

Il est donc important de comprendre qu’à ce jour, la quasi-totalité de nos cépages « français » (et même européen) repose sur des « porte greffes américain » . L’essentiel étant que les typicités variétales soit apporté par les greffons (le cépage) et non par le porte greffe. 

Cette catastrophe a profondément modifié la structure du vignoble français. Certaines parcelles n’ont jamais été replantées.

L’OÏDIUM

( Uncinula necator)

L’oïdium est un champignon se nourrissant de la sève de la vigne. Il vit à l’extérieur des tissus en formant une poussière grise sur toute la portion verte de la vigne. L’oïdium freine la croissance de la vigne. Il entraîne des blessures, fissures laissant apparaitre la pulpe jusqu’au pépins (1) sur les baies en les desséchants, favorisant le développement de la pourriture grise.

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LE MILDIOU

( Plasmopara viticola) 

Le mildiou, est lui aussi une maladie cryptogamique provoquée par un champignon (plasmopara viticola) vivant à l’intérieur des tissus de la vigne. Il affecte les feuilles (2) mais aussi les grappes (3) et peut anéantir totalement les récoltes. Sa prolifération est dûe principalement à la conjonction d’humidité et de fortes chaleurs. Il dépose une poussière sous forme de duvet de couleur blanche, grise, ou violacée. Les vins réalisés avec des grappes affectées ont mauvais goût, mauvaises odeurs, un faible degré alcoolique et une couleur peu attrayante. Pour se prémunir de ce champignon, il est conseillé d’éviter l’accumulation de l’eau dans les creux des parcelles ou en bout de rang et ainsi favoriser le drainage. On traite cette maladie par pulvérisation de souffre.

LES AUTRES CHAMPIGNONS

Le pourridié est une maladie due à des champignons, principalement l'Armillaria mellea, les racines pourrissent (1) peu à peu, ce qui finit par provoquer la mort de la vigne. Les racines supérieures se développent au détriment des racines plus profondes qui sont pourtant les plus utiles. Le seul traitement est d’arracher la vigne, de désinfecter le sol, le laisser en friche jusqu’à disparition du champignon. 

Le black-rot (Guignardia bildwelii) est elle aussi une maladie cryptogamique qui se manifeste par l’apparition de taches brunes sur les feuilles (2). Elle ne touche que les vignobles où les hivers sont froids et secs. Il est nécessaire de traiter rapidement au moyen de sulfate. 

L’anthracnose (Gloesporium ampelophagum) était autrefois appelé le charbon car ce champignon ce caractérise par les tache brunes qu’il parsème sur les feuilles ou les baies jusqu’à les trouer (3). Laissant pour stigmate un contour noir charbonneux. Afin de prévenir de ce champignon on peut traiter la vigne à l’aide de la bouillie bordelaise.

L’eutypiose est une maladie de dépérissement de la vigne causée par un champignon pénétrant dans le bois à partir des plaies de la taille. On le remarque par un raccourcissement des entrenœuds et une nanification des rameaux (4). Les feuilles, sont enroulées, déformées puis déchiquetées. 

L’apoplexie, ou esca, est une maladie grave qui peut toucher toutes les plantes partout dans le monde, elle s'attaque principalement aux vieilles vignes. Elle est provoquée par un champignon microscopique qui pénètre dans le bois libérant une enzyme qui finit par tuer la plante par dessèchement. Il existe deux formes d’apoplexie de la vigne, l’une foudroyante (qui peut tuer la vigne en quelques heures ou en quelques jours seulement), une autre plus lente qui se manifeste par une coloration jaune des feuilles de cépage blanc et une coloration rouge des feuilles de cépage noir (5). Elles évoluent ensuite vers un dessèchement global de la plante. On observe les symptômes de cette maladie principalement l’été lorsqu' une période chaude et sèche suit une pluie. Il n’existe aujourd’hui pas de traitement curatif efficace pour prévenir de cette infection.

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LES PARASITES

Les cochenilles (1) sont des insectes parasitent qui absorbent la sève du végétal à laquelle ils s’attaquent. Ils entraînent le dessèchement des ceps de vigne. Les grappes atteintes peuvent noircir et laisser la pourriture s’installer. Il existe différentes variétés de cochenilles et leur prolifération se fait au gré du vent qui dissémine les larves. On peut les traiter facilement à l’aide d’insecticide au moment de la ponte. 

Les vers de la grappe regroupent trois espèces de papillon, le Cochylis (Eupoecilia ambiguella)(2), le Eudemis (lobesia botrana), et l’Eulia (Argyrotaenia ljungiana). Ces parasites se nourrissent des feuilles, grappes et baies à différent stade de leur évolution. Ils perforent les grains de raisin, favorisant l’installation de la pourriture grise et d’autres pourritures secondaires. 

Le cigarier de la vigne est un coléoptère (3) qui se nourrit des feuilles de la vigne ou d’autres arbres fruitiers. Les dégâts les plus importants sont ceux causés par la femelle préparant le site de ponte. Elle entaille le pétiole de la feuille qu’elle enroule lui donnant l’aspect de cigare où elle aura pondu cinq à sept œufs. Provoquant l’arrêt de la sève donc le dessèchement du cigare (4) , elle diminue ainsi l’activité chlorophyllienne de la plante. 

Les cicadelles sont de petits parasites (5) qui piquent les nervures des feuilles de vigne leur injectant une salive toxique qui provoque l’interruption de la circulation de la sève. Les feuilles se décolorent et se dessèchent pouvant entraîner leur chute et par là même entamé le cycle de développement végétatif de la vigne. 

Les « araignées rouges » (6) sont en fait des acariens qui peuvent être très virulents sur les feuilles. Proliférant particulièrement en été, elles s’installent sur les feuilles en affectant la photosynthèse ayant encore une fois pour incidence de ralentir la maturation du raisin. 

Les Nématodes sont de petits vers (7) qui se nourrissent depuis l’intérieur ou l’extérieur de la vigne. Ils ont une grande résistance, leur longévité est de plusieurs années. Ils peuvent transmettre des virus à la plante et peuvent même survivre sans nourriture pendant plusieurs mois. Ils sont les principaux vecteurs du virus responsable de la maladie de court noué.

LE COURT NOUÉ

Le Court-noué est une dégénérescence infectieuse d’origine virale très répandu en Europe, elle est transmise principalement par les nématodes. La feuille jaunie le long de ses nervures, tout en prenant des formes anormales. On distingue sur un cep contaminé, un affaiblissement progressif de la souche, des déformations de notables, une croissance atypique dite «  en zigzag ». La vie de la vigne est alors réduite, on estime à quatre ans l’espérance de vie d’une vigne atteinte. Il n’existe aucun moyen curatif à ce jour et la seule solution consiste à arracher les vignes atteintes ainsi que toutes celles qui les entourent. On commence par appliquer un traitement chimique à la vigne visant à dévitaliser les souches avant l’arrachage qui aura lieu quatre mois plus tard. Il est important d’extirper l’ensemble des racines. On laisse ainsi en friche les terres durant 7 à 10 ans avant de replanter. Durant cette période de latence les éventuelles repoussent de la vigne seront éliminées. 

Cette maladie reste relativement nouvelle, elle n’est apparue qu’après le phylloxéra. De par ses symptômes qui peuvent être confondue avec de simples désordres physiologiques, cette maladie est difficile à détecter et nécessite des moyens d’analyse biologique moderne.

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LE BOTRYTIS CINEREA

La pourriture grise (1) est une moisissure qui s’attaque aux raisins en profitant de la moindre blessure pour s’installer. Elle est provoquée par le champignon bien connu sous le nom de Botrytis cinerea. Dans certains cas la pourriture grise peut entraîner une perte totale de la récolte. La maladie affaiblit la vigne et on voit apparaître une pourriture grise qui tâche les feuilles et altère les fruits. Mais le développement de ce champignon est très inégal. Il dépend notamment de l’hygrométrie de la température et de différents facteurs propres à la résistance et à la réceptivité de la vigne. 

Le développement de ce champignon peut-être bénéfique pour certains grands vins moelleux à liquoreux. Il s’agit dans ce cas de la pourriture noble (2), on observe alors son évolution de façon minutieuse. Le champignon microscopique pénètre alors dans le fruit sans même entailler la peau ou la faire éclater préservant ainsi la pulpe de l’air. Au fil du temps le raisin flétri en perdant une bonne partie de son eau et même de son acidité. Mais la moisissure ne s’attaquant que très peu au sucre, celui-ci augmente de façon proportionnelle. On obtient ainsi une concentration importante des sucres dans une baie à l’apparence desséchée et pourvue d’un important potentiel alcoolique. Mais le développement favorable de ce champignon est le résultat de facteurs nombreux et complexes que l’on ne peut observer que dans de rares endroits du mondes. Il est la conjonction d’un climat où s’alterne sécheresse et humidité. (L’humidité favorisant le développement du champignon), (la sécheresse contribuant à l’évaporation de l’eau de la baie interrompant du fait le développement du champignon). L’alliance de ces deux facteurs primordiaux doit se conjuguer de façon prolongée pour obtenir les vins sublimes que l’on connaît. La culture de la vigne au côté du botrytis cinerea reste un exercice difficile et quelque peu hasardeux.

 

 

LA PRÉVENTION

La Bouillie Bordelaise est une solution de sulfate de cuivre (sa substance active) additionné de chaux. Le produit se présente sous la forme d'une poudre bleue (1) à diluer dans l’eau pour pulvérisation. La bouillie bordelaise exerce son effet par le biais des ions du mélange. Ces ions affectent des enzymes dans les spores des champignons parasites de manière à empêcher leur germination. Cette préparation ancienne fait encore aujourd'hui figure d'incontournable parmi les fongicides. Elle permet de lutter de façon préventive contre les atteintes liées à l'attaque de champignons responsables de maladies cryptogamiques. La bouillie bordelaise est un traitement toléré dans l’agriculture biologique. 

La confusion sexuelle, est une méthode de bio contrôle par un moyen phytosanitaire conventionnel. Elle protège de la reproduction des Cochylis mâles et Eudémis de la vigne, des chenilles responsables de la pourriture grise. Cette méthode est particulièrement répandue dans le vignoble champenois.  La méthode se présente principalement sous forme de capsules (2) réparties dans les rangs de vignes libérant des phéromones de synthèses. Les mâles seront leurrés et ne pourront pas trouver de femelle pour  s'accoupler. Pour que la confusion sexuelle soit efficace, au moins 10 hectares de vigne doivent être traités en même temps. Un diffuseur couvrant une surface d'environ 20 m2, la dose de 500 et 600 diffuseurs par hectare est requise (tenant compte des friches, chemins ou autres routes attenantes). Cette pratique est opérée depuis 15 ans dans le vignoble de la Champagne.

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VERS UNE LUTTE RAISONNÉE

On comprend aisément la détermination des vignerons à vaincre des parasites qui ont détruit le fruit de leur travail mais les armes, hier employées ont eu un impact néfaste sur la vigne et son environnement, le sol, les eaux ont quelquefois été pollués entraînant un trouble notable de l’équilibre biologique de la faune et de la flore. La nature c’est adapté et a vu éclore des générations d’insectes résistants. 

Les viticulteurs livrent un combat quotidien visant à préserver la vigne de ses multiples parasites et maladies qui la touchent. Cette lutte est indispensable afin d’assurer la pérennité du vignoble et la qualité des vendanges. Au titre du respect de la nature, des efforts importants ont été réalisés ces dernières années afin de protéger l’écosystème de la vigne en limitant l’emploi de substances nocives. De nombreux produits utilisés il y a encore peu ont été interdit d’utilisation et la viticulture n’a de cesse de promouvoir une culture toujours plus raisonnée et proche de la terre.

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